PhDTalent et Bpifrance présentent l’enquête nationale « Jeunes chercheurs et entrepreneuriat Deeptech » : près d’un chercheur sur deux envisage la création de startup comme choix de carrière

Dans le cadre du Plan Deeptech mené à la demande des pouvoirs publics, Bpifrance a pour objectif de doubler le nombre de startups issues de la recherche d’ici 2023, positionnant ainsi la France parmi les leaders mondiaux de l’innovation technologique.
L’enquête menée par PhDTalent et Bpifrance fait ressortir des éléments forts et inédits sur l’intérêt des jeunes chercheurs pour l’entrepreneuriat Deeptech et leur connaissance de l’écosystème.
44% des jeunes docteurs envisagent la possibilité de devenir entrepreneur parmi leurs choix de carrière, malgré des incitations de leur environnement universitaire perçues comme encore faibles, et une connaissance de l’écosystème d’innovation encore limitée.
 
Paris, le 28 mai 2020 – Menée au mois de mars auprès de près de 1 700 chercheurs, l’enquête nationale conduite par PhDTalent et Bpifrance vise à mesurer le rapport des jeunes chercheurs à l’entrepreneuriat Deeptech, et plus globalement à la perspective de transformer leurs travaux de recherche en innovation via la création ou co-création de startup. Elle vise à comprendre les motivations, les freins, le niveau d’information et de formation à l’entrepreneuriat des doctorants et des jeunes docteurs français.
 
Des jeunes chercheurs enthousiastes pour créer leur startup DeepTech
 
L’enquête montre l’appétence des jeunes chercheurs pour l’entrepreneuriat. Près d’un jeune chercheur sur deux envisage l’entrepreneuriat comme une suite potentielle à sa carrière. Cette démarche est motivée à 57% par l’envie d’avoir un impact sociétal.
 
L’autonomie et la persévérance sont les compétences identifiées par les jeunes chercheurs pour développer leur startup, et la majorité considèrent qu’ils possèdent les compétences nécessaires pour en créer une.
 
« Pour moi, être chercheur-entrepreneur, c’est transformer sa libre pensée en actions » a témoigné un doctorant. « Être chercheur, c’est déjà être entrepreneur. Être chercheur-entrepreneur, c’est entreprendre, particulièrement pour créer davantage de liens entre la recherche et la société. » a exprimé un autre.
 
L’encouragement de l’environnement académique peu perçu
 
La valorisation des travaux de recherche est une mission clairement assimilée (à 68%) par les jeunes chercheurs. En parallèle, la démarche entrepreneuriale n’est pas perçue comme bloquante (20% seulement) par le monde de la recherche.
 
Pour autant 20% seulement des répondants se sentent encouragés par leur environnement de recherche (directeur de thèse, laboratoire, université) à valoriser leurs travaux de recherche et/ou créer une start-up. Néanmoins, s’ils se lançaient dans une démarche entrepreneuriale, seuls 30% attendraient un appui de cet environnement de recherche. Le monde académique n’est donc ni perçu comme un frein, ni comme un allié potentiel.
 
 
Une méconnaissance des écosystèmes d’innovation freine la libération de leur potentiel
 
Outre la perception de l’environnement, l’intérêt pour l’entrepreneuriat des jeunes chercheurs se heurte à une méconnaissance de l’écosystème des startups, ce qui constitue le principal frein à l’émergence de startups Deeptech. Même si les répondants considèrent qu’il est plutôt facile de se faire accompagner pour devenir entrepreneur en France, 66% d’entre eux ne peuvent pas spontanément citer des structures ou dispositifs pouvant les accompagner. L’enquête révèle également une méconnaissance des « role-models » chez les jeunes doctorants : 70% des personnes interrogées ne connaissent pas le mot « Deeptech » et n’ont pas pu citer un exemple de chercheur-entrepreneur.
 
Parallèlement, les aspects financiers à la création d’entreprise sont source de préoccupation. Outre le risque personnel, les jeunes chercheurs interrogés estiment qu’il est complexe de financer sa startup en France, notamment car l’écosystème de financement semble trop pluriel (c’est une interprétation, non ?). Pour autant 74% d’entre eux ne connaissent pas les principaux dispositifs de financement.
 
Enfin, les formations sont un levier tangible pour répondre à cette méconnaissance, mais sont encore peu suivies et plutôt hétérogènes. Le fait de suivre une formation augmente considérablement la compréhension des mécanismes de l’écosystème (de +30 à +60%) et d’environ 20% l’appétence à l’entrepreneuriat.
 
Pour autant la diffusion de ces formations reste limitée. Ainsi, 69% des jeunes docteurs n’ont jamais participé à une formation à l’entrepreneuriat.
 
« Nous sommes convaincus du potentiel économique que ces recherches auraient si elles étaient facilement et rapidement exploitées par la société. Nous espérons que les résultats de cette étude, soient une véritable prise de conscience de l’intérêt des chercheurs pour l’entrepreneuriat, par l’ensemble de l’écosystème – institutions, écoles doctorales, encadrants, accompagnateurs de startups et jeunes chercheurs », souligne Florian Andrianiazy, co-fondateur de PhDTalent. « Avec la crise sanitaire que nous vivons actuellement et qui déstabilise l’ensemble des organisations, la place prédominante qu’occupent les scientifiques pour éclairer les décideurs économiques et politiques est davantage mise en lumière. Mieux informer les jeunes chercheurs pour susciter des vocations et construire des formations utiles et impactantes, apparait comme une priorité pour démocratiser et accélérer la création de startups Deeptech. ».
« Au travers du Plan Deeptech opéré par Bpifrance, le message porté par les pouvoirs publics aux jeunes docteurs est clair : l’entrepreneuriat fait partie des débouchés après votre thèse, et tout un écosystème vous soutient dans cette démarche », ajoute Pascale Ribon, directrice Deeptech de Bpifrance. « Chez Bpifrance, nous sommes convaincus que les jeunes docteurs sont le futur de l’innovation en France, et peuvent répondre à de grands enjeux sociétaux en transformant leurs travaux de recherche en application concrète. Nous sommes aux cotés des universités et des laboratoires, afin de les aider à rendre encore plus attractive et concrète l’aventure entrepreneuriale pour les chercheurs ».
 
PhDTalent et Bpifrance recommandent trois pistes d’actions pour améliorer la tendance 
Cette enquête, qui présente des résultats forts, doit représenter une prise de conscience pour l’ensemble de l’écosystème – institutions, écoles doctorales, encadrants, accompagnateurs de start-ups et jeunes chercheurs – afin de favoriser la croissance de créations de startups Deeptech par les jeunes docteurs.
PhDTalent et Bpifrance formulent ainsi trois recommandations pour améliorer cette tendance :
1° Améliorer, au sein des laboratoires, la communication visant à sensibiliser les doctorants à la création de startups Deeptech : 
  • Faire évoluer le concours i-PhD pour aller chercher et récompenser encore plus en amont les projets d’entrepreneuriat. 
  • Renforcer les interactions sur les campus, en particulier via le dispositif des entrepreneurs en résidence au plus près des laboratoires.
  • Mettre en place des dispositifs novateurs positifs et incitatifs, mettant en valeur à la fois l’aventure entrepreneuriale et les actions des écosystèmes universitaires (rencontres, podcasts…).
2° Renforcer la connaissance, chez les jeunes chercheurs, des mécanismes et dispositifs de soutien à la création d’entreprise.
Afin de désamorcer les craintes liées à l’aventure entrepreneuriale, il est primordial d’augmenter la lisibilité et la compréhension de l’écosystèmes d’innovation. Démocratiser la connaissance des dispositifs d’accompagnement et de financement des entrepreneurs Deeptech, via des outils de représentation innovants, pourrait lever ce frein. Bpifrance – qui a organisé en 2019 un « Deeptech Tour » dans une vingtaine d’universités françaises afin de connecter chercheurs, entrepreneurs et financeurs – travaille à optimiser, clarifier et diffuser largement ces dispositifs.
Assurer une proposition de formation à l’entrepreneuriat qualitative et accessible à tous jeunes chercheurs.
Il conviendra d’homogénéiser la qualité des formations à l’entrepreneuriat, dispensées aux doctorants et jeunes docteurs, actuellement perçues par ce public comme étant de niveau inégal. Mais également d’y inclure des aspects très concrets (sur le financement notamment), pour permettre aux jeunes chercheurs de se projeter dans la création d’entreprise Deeptech (hackathons, formations open source…).