RAPPORT PME 2020

Une année 2019 qui bat encore des records chez les PME et les ETI, et un début d’année 2020 singulier au regard de l’étendue de la crise.

Avec l’édition 2020 du Rapport PME, consacré à l’évolution des PME et des ETI en France, l’Observatoire des PME de Bpifrance et ses partenaires livrent un concentré d’analyses sur les tendances économiques et financières de ces entreprises à la veille de la pandémie de Covid-19. Dans ce contexte inédit, cette 16ème édition propose également un éclairage sur les premiers mois de 2020 pour les quelques données disponibles.

Pour la troisième année consécutive, l’activité des PME et des ETI installées en France présente des résultats très positifs en 2019. Malgré une conjoncture macroéconomique qui commence à se tendre, de nombreux records sont battus : la dynamique de création d’entreprise est au plus haut et la sinistralité n’a jamais été aussi faible depuis au moins dix ans. L’activité du capital-investissement français a triplé de taille sur la décennie, quand, dans le même temps, les taux d’intérêt accordés aux PME sont parmi les plus bas au monde. Enfin, l’intensité de R&D des PME demeure très élevée.
 
Quant aux premiers chiffres de 2020, ils présentent quelques situations paradoxales, comme une très forte résilience de l’envie d’entreprendre qui pousse à un essor sans discontinuer des créations d’entreprises dès la fin du premier confinement ; ou encore un taux de défaillance au plus bas depuis 30 ans. En revanche, la crise qui a intensifié le recul tendanciel sur la dernière décennie des cessions d’entreprises, a provoqué également un repli sur le marché national d’un certain nombre d’exportateurs. Elle pourrait réduire la disponibilité des sources alternatives de financement, freinant ou inversant la tendance récente à la diversification des sources de financement des PME. Toutefois, grâce au renforcement de leur structure financière, les PME sont plus solides pour faire face à la crise sanitaire de 2020 qu’à la veille de la crise financière de 2008.

2019 : nouvelle année de records pour l’activité des PME et des ETI, avant le trou d’air de mars 2020 
 
Les indicateurs sur les PME et les ETI sont toujours au beau fixe en 2019, malgré un contexte macroéconomique mondial moins favorable. Ils consolident la tendance générale à la hausse observée pour la quatrième année consécutive.
 
 
Faits et chiffres marquants de 2019 et des premiers effets de la crise en 2020
 
CARTOGRAPHIE

  • 3,93 millions d’entreprises sont implantées en France en 2018*, dont 5 % sont constituées en groupe.
  • Les 3,9 millions de PME (dont 3,78 millions de microentreprises) génèrent 43 % de la valeur ajoutée et emploient 13 millions de salariés, soit la moitié des effectifs salariés.
CRÉATION D’ENTREPRISE
  • Nouveau record en 2019 avec 815 000 entreprises créées (+ 18 %), puis en 2020 avec près de 850 000 créations.
  • Près de 2 créateurs micro-entrepreneurs sur 10 travaillent via une plate-forme numérique et 9 sur 10 utilisent Internet.
CESSION D’ENTREPRISE
  • 37 111 cessions d’entreprise en 2019, en baisse tendancielle sur la décennie imputable surtout aux entités sans salarié.
  • 31 300 cessions en 2020 (- 16 %), en recul du fait de la prudence et de l’attentisme qui pèsent sur les transactions en 2020.
  • A contrario, les fusions sont en hausse, un phénomène qui s’est accéléré au cours de la crise sanitaire (+ 7 % en 2020), en particulier dans l’Hébergement et restauration (+ 39 %), la Construction (+ 20 %) ou les Services aux entreprises (+ 15 %).
DÉFAILLANCE D’ENTREPRISE
  • 52 131 entreprises en défaillance en 2019, le meilleur résultat obtenu en termes de sinistralité depuis 2007.
  • Mais 32 184 sinistres en 2020 (- 38 % en un an), un nombre au plus bas depuis 30 ans.
POIDS ÉCONOMIQUE DES PME
  • La PME moyenne de l’année 2019 réalise un chiffre d’affaires de 4,9 M€ et emploie 20 salariés. Après le recul de 2018, l’investissement repart à la hausse pour les PME.
  • Le taux de marge des PME est en progression dans tous les secteurs, toutefois, en plus de dix ans, les PME n’ont jamais retrouvé les niveaux de taux de marge d’avant la crise financière mondiale de 2008.
EXPORTATION
  • 129 000 entreprises ont exporté pour 509 Md€ de biens depuis la France en 2019 (+ 3 %), dont 1 sur 5 ne compte aucun salarié ou 3 sur 4 à moins de 20 salariés (y compris les sans salariés).
  • Après un recul des exportations au premier trimestre (- 7,5 %), l’effet de la crise s’intensifie au deuxième avec un recul de – 28,3 % des exportations. Ainsi, 2 000 opérateurs ont cessé d’exporter sur la période.
COMMANDE PUBLIQUE
  • En 2019, confirmation de la croissance de la part des PME dans la commande publique constatée depuis 2016, avec une année record de présence des PME dans les accords-cadres.
  • Malgré le recul des PME dans les achats publics des collectivités territoriales, ces dernières demeurent quand même leur principal pourvoyeur d’activité économique.
FINANCEMENT DES PME
  • La part des capitaux propres dans les ressources des PME a dépassé le niveau d’avant la crise financière de 2008 et leur ratio dette sur capitaux propres continue de reculer.
  • La réduction du montant des créances clients du fait de la dégradation de la situation économique a pour effet, en 2019, de réduire le besoin en fonds de roulement des PME.
CAPITAL-INVESTISSEMENT
  • 2 300 entreprises ont fait l’objet d’un financement en fonds propres en 2019 par les acteurs français du capital-investissement, un nombre en hausse pour la troisième année consécutive et un record sur les dix dernières années.
  • Un montant record de 19 Md€ investis (dont la moitié en primo-investissement), soit un triplement de la taille du marché depuis 2012 (+ 31 % en 2019).
  • 21 Md€ levés en 2019 (+ 12 %), un montant record pour la quatrième année consécutive.
ACCÈS AUX FINANCEMENTS EXTERNES
  • Recul de – 2,7 % de l’encours des prêts aux PME en France, une chute toutefois moins importante que dans les autres pays de l’Union européenne.
  • Les taux d’intérêt des prêts accordés aux PME en France sont parmi les plus bas au monde (1,4 %).
  • Nouvelle croissance significative du financement contre nantissement d’actifs en 2019 ; toutefois, les comportements de provisionnement en 2020 ont réduit la rentabilité des activités de crédit-bail.
  • L’affacturage atteint un niveau record en volume (2 900 Md€ dans le monde), mais la baisse du chiffre d’affaires s’est traduite par une baisse des volumes d’affacturage au premier semestre 2020.
ACTIVITÉ DE R&D
  • Avec plus de 6 Md€, les PME (y compris les microentreprises) sont à l’origine de 1/5e de la dépense intérieure de R&D totale de la France en 2018*.
  • 9,2 % du chiffre d’affaires des PME sont dédiés à leurs travaux internes de R&D, une intensité de recherche beaucoup plus élevée que la moyenne (2,6 %).
  • L’aide publique représente plus de la moitié des ressources externes des PME (56 %) dédiées au financement de leurs activités de R&D.
CRÉDIT D’IMPÔT RECHERCHE (CIR)
  • 26 100 entreprises, déclarant environ 24 Md€ de dépenses éligibles au CIR, ont généré une créance CIR totale de 6,6 Md€ pour l’année 2017* (6,4 Md€ au titre de la recherche et 220 M€ au titre de l’innovation).
  • Les entreprises de moins de 250 salariés représentent 9 bénéficiaires du CIR recherche sur 10.
BREVET
  • 1/5e des demandes de brevet à valeur en France émanant du secteur privé et publiées à l’Inpi ou à l’OEB en 2019 sont issues de PME.
  • Les PME et les ETI possèdent un tiers des brevets des entreprises privées considérés comme en vigueur en France à fin 2019.
CRÉATION D’ENTREPRISE INNOVANTE
  • À la fin 2018*, plus de 4 300 entreprises innovantes issues du concours i-Lab ou des incubateurs de la recherche publique ont été créées.
  • Ces entreprises sont largement issues de la recherche publique et sont l’œuvre de porteurs de projet très diplômés et en grande majorité masculins (11 % de créatrices).
JEUNES ENTREPRISES INNOVANTES (STATUT JEI)
  • En quinze ans, plus de 11 500 jeunes entreprises ont eu recours à ce dispositif, bénéficiant de près de 2 100 M€ d’exonérations sociales et d’environ 190 M€ d’exonérations fiscales.
  • Ces JEI sont à un stade précoce de développement : la plupart ne réalisent pas encore de bénéfices, mais ont des charges de personnel et des taux d’investissement élevés, et font preuve d’une présence à l’international déjà très marquée (un quart de leur chiffre d’affaires provient de l’export).
 
Dernières données disponibles.
 
 
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