Indice Entrepreneurial 2021: la France, un terreau fertile pour l’entrepreneuriat, qui résiste à la crise 

Paris, le 9 décembre 2021 – Fondé sur une enquête nationale menée par Ifop pour le compte de l’Observatoire de la création d’entreprise de Bpifrance Création auprès de 5 500 personnes représentatives de la population française, l’Indice Entrepreneurial Français (IEF)[1] mesure le dynamisme entrepreneurial en France. Les résultats de l’édition 2021 mettent en lumière une France propice à l’engagement entrepreneurial en dépit du contexte sanitaire, avec 30 % des Français qui participent à la chaîne entrepreneuriale, confortant ainsi les orientations stratégiques de Bpifrance en faveur de la création et du développement des entreprises.
 
En 2021, 3 Français sur 10 s’inscrivent dans la chaîne entrepreneuriale du pays, depuis les intentionnistes qui envisagent de créer ou de reprendre un jour une activité jusqu’à ceux qui ont d’ores et déjà endossé la casquette de dirigeants d’entreprise, en passant par les porteurs de projet qui ont entamé les démarches pour créer leur entreprise. Cette proportion, stable par rapport à celle de 2018, montre que l’élan entrepreneurial est une tendance structurelle en France qui s’inscrit dans la durée en dépit de la crise sanitaire.
 
Pour Nicolas Dufourcq, Directeur général de Bpifrance, « Cette enquête démontre qu’il nous faut collectivement étendre notre action pour suivre la tendance structurelle d’une population française qui se tourne résolument vers l’entrepreneuriat. C’est une certitude, il va y avoir de plus en plus d’entrepreneurs en France et donc un besoin d’accompagnement renforcé pour favoriser la pérennité et la croissance de ces entreprises, vecteur de création de valeur et des emplois de demain. Ces enjeux sont au cœur de la stratégie de Bpifrance pour servir l’avenir. »
 
Des Français moins intentionnistes mais toutefois plus nombreux à passer à l’acte
 
Les porteurs de projet représentent 11 % de la population interrogée contre seulement 7 % en 2018, ce qui démontre la forte dynamique entrepreneuriale du pays. Ces porteurs de projet estiment que la crise a eu un impact globalement positif, en renforçant leur envie d’entreprendre et en leur donnant plus de temps pour mûrir leur projet. A contrario, elle a davantage freiné l’éclosion de projets chez les intentionnistes, dont la part continue de reculer (9 % des Français en 2021 vs 14 % en 2016).
 
Si trois quarts des chefs d’entreprise disent avoir été impactés par la pandémie, leur part dans la population française n’a pas diminuée pour autant depuis 2018. 1 chef d’entreprise sur 5 a d’ailleurs profité de la crise sanitaire pour réfléchir à la vision qu’il a de son entreprise, pour faire évoluer sa stratégie, ou encore pour proposer de nouveaux produits et services. Autre démonstration de la résilience des entrepreneurs en France malgré le contexte sanitaire : la proportion d’ex-chefs d’entreprise ayant cédé ou fermé leur entreprise (14 %) n’a pas augmenté depuis 2018.
 
Parmi les 7 Français sur 10 en dehors de la chaîne entrepreneuriale, plus de la moitié a pensé à créer ou reprendre une entreprise, mais n’a pas franchi le cap, pour certains freinés dans leur élan en raison des risques financiers encourus ou de la complexité du projet.
 
Une population entrepreneuriale qui reste plus masculine, plus jeune et plus diplômée que la population française mais les écarts se réduisent notamment entre les hommes et les femmes
 
Les Français de moins de 30 ans sont nettement plus concernés par l’entrepreneuriat que leurs aînés : 1 jeune sur 2 (51%) contribue à cette chaîne entrepreneuriale (vs 1 Français sur 4 de 30 ans et plus). Cet engouement se reflète dans le doublement du nombre de créations d’entreprises portées par des jeunes entre 2009 et 2020.
 
L’engagement entrepreneurial des Français est nettement plus fort chez les hommes : il concerne 1 homme sur 3 pour 1 femme sur 4. Toutefois, l’implication féminine a progressé de 3 points depuis 2018, et davantage encore pour les habitantes des Quartiers prioritaires de la politique de la ville ou QPV(respectivement 14 % contre 9 %).
 
Malgré tout, les femmes restent sous-représentées au sein de la chaîne entrepreneuriale, et plus encore dans les QPV. Ce « gender gap » n’est pas lié à un manque d’appétence pour la création d’entreprise, mais serait davantage une question de confiance en soi. D’après l’auto-évaluation de leurs aptitudes personnelles, les femmes sont en effet significativement moins nombreuses que les hommes à estimer avoir les qualités requises pour diriger une entreprise et à disposer d’une expérience en gestion d’entreprise ou du monde des affaires (38 % contre 54 %). Cependant, l’équilibre homme/femme chez les intentionnistes (50-50), laisse présager une évolution structurelle favorable dans les années à venir.
 
En 2021, 20 % des habitants des QPV font partie de la chaîne entrepreneuriale, un indice qui a progressé de 6 points en trois ans. Les résidents des QPV ont en effet une appétence plus forte pour l’entrepreneuriat : 35 % d’entre eux affirment que travailler pour son propre compte constitue le choix de carrière le plus intéressant contre 24 % pour l’ensemble des Français.
 
Pour autant, avec 12 % d’intentionnistes dans les QPV, mais seulement 2 à 3 % de porteurs de projet et autant d’entrepreneurs, la situation au sein des QPV est paradoxale, marquée par un tropisme entrepreneurial fort mais des « passages à l’acte » moins fréquents. L’ensemble des actions mises en œuvre par Bpifrance Création, notamment le programme Entrepreneuriat pour tous agit pour transformer ces envies d’entreprendre en création effective d’entreprise.  
 
Une volonté d’accorder sa vie professionnelle au diapason de ses aspirations personnelles… malgré des craintes le plus souvent matérielles
 
Être son propre patron ou réaliser un rêve sont les principales motivations évoquées par tous les acteurs de la chaîne entrepreneuriale. Toutefois, la peur d’un revenu d’activité instable ou insuffisant arrive en tête de leurs craintes, devant la complexité des démarches, le niveau d’investissement initial, ou encore les responsabilités, le stress et le risque d’échec.
 
Parmi les aspirations stratégiques pour leur entreprise, l’innovation et l’adoption d’une démarche respectueuse de l’environnement sont systématiquement perçues comme des axes de développement importants tant par les chefs d’entreprise et les porteurs de projet, que par les intentionnistes (entre 5 et 7 répondants sur 10), bien avant la digitalisation ou l’internationalisation de l’activité… en lien avec les aspirations des nouvelles générations.
 
« Maintenir l’élan entrepreneurial en France, soutenir la création d’entreprise dans tous les secteurs, favoriser l’entrepreneuriat pour toutes et tous, et dans tous les territoires, mais aussi sensibiliser les plus jeunes, encore en études, à l’entrepreneuriat, autant de défis que Bpifrance Création a décidé de relever il y a trois ans avec ses partenaires. » déclare Marie Adeline-Peix, Directrice exécutive en charge de Bpifrance Création  « Depuis, le chemin parcouru est considérable, et la boîte à outils est maintenant suffisamment robuste. Le Plan de relance gouvernemental a par ailleurs renforcé la capacité à aller encore plus loin dans l’inclusion économique par la création d’entreprise, en particulier dans les territoires dits « fragiles. »

Méthodologie de l’IEF 2021 :
L’enquête a été réalisée par Ifop pour le compte de l’Observatoire de la création d’entreprise de Bpifrance Création, en ligne du 1er au 15 juin 2021, auprès d’un échantillon de 5 066 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas – sexe, âge, profession de la personne interrogée – après stratification par région et catégorie d’agglomération) ; et, par téléphone du 9 au 21 juin 2021, auprès d’un échantillon de 501 personnes représentatif des personnes résidant dans les Quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV) âgées de 18 ans et plus (méthode des quotas – sexe, âge, situation relative à l’emploi de la personne interrogée, nationalité et niveau de diplôme).

 


[1] L’IEF est produit tous les deux ans. L’édition 2020 ayant été reportée en raison de la crise sanitaire, l’édition 2021 se présente donc comme une actualisation des deux IEF de 2016 et 2018.