Cinq banques de développement européennes mènent une enquête commune auprès des PME sur les défis liés à leur transformation digitale

Bruxelles, le 6 novembre 2019 – Grâce à une enquête commune, les banques publiques de cinq pays européens évaluent l’état de santé des petites et moyennes entreprises (PME) européennes et rendent compte de leur degré de transformation digitale et des défis auxquels elles font face dans sa mise en œuvre. L’un des enseignements clés de l’étude est que le passage au numérique constitue un vrai défi pour les petites et moyennes entreprises européennes, mais qu’il est essentiel pour leur permettre de rester compétitives.
 
Dans une étude commune, Bpifrance (à travers son laboratoire d’idées Bpifrance Le Lab), Bank Gospodarstwa Krajowego (Pologne), British Business Bank (Royaume-Uni), Instituto de Crédito Oficial (Espagne) et KfW (Allemagne) évaluent d’une part l’état de santé des petites et moyennes entreprises (PME) européennes et d’autre part les défis auxquelles elles font face dans leur transformation digitale. Cette étude, la quatrième issue de la collaboration des grandes banques publiques européennes, s’appuie sur les données d’une enquête commune menée auprès de 2500 PME de France, d’Allemagne, d’Espagne, du Royaume-Uni et de Pologne.
 
Les PME européennes sont dans l’ensemble solides et font part d’un accès aisé au financement. 44% d’entre elles ont enregistré une croissance de leur chiffre d’affaires d’au moins 5% l’an passé et seules 12% déclarent avoir rencontré des difficultés pour se financer. Par ailleurs, les PME des cinq pays se sentent plutôt compétitives par rapport à leurs concurrents nationaux ou internationaux, leur principale force résidant dans la qualité des produits proposés et le service client. À noter que, comparé à leurs homologues européennes, les PME françaises se perçoivent comme moins compétitives sur la plupart des aspects (qualité, prix, innovation etc.). Elles considèrent en revanche qu’elles bénéficient d’un cadre plutôt favorable à leur activité en France, notamment en termes d’infrastructures. En ce qui concerne les perspectives, les PME européennes font preuve d’optimisme puisque 35% d’entre elles comptent augmenter leur investissement d’ici deux ans (contre 14% le diminuer) et 75% prévoient d’innover. Malgré le contexte d’intensification des tensions commerciales et d’incertitudes internationales élevées, 44% des PME comptent renforcer leur présence à l’international.
 
Afin de rester un moteur de la croissance européenne, les PME doivent réussir leur transformation digitale. 54% des PME répondantes sont conscientes qu’elles auront besoin d’adopter de nouvelles technologies pour rester compétitives à l’avenir et 76% considèrent la digitalisation comme l’une de leurs priorités. Celles qui accordent une priorité élevée à ce sujet ont enregistré une croissance plus dynamique l’an passé et sont plus confiantes en l’avenir. Elles prévoient d’investir, d’innover et de s’internationaliser davantage que les autres.
 
Les PME européennes font néanmoins face à de nombreux obstacles dans leur processus de transformation digitale, globalement les mêmes quel que soit le pays. Les principaux obstacles relevés sont les problèmes de sécurité informatique, suivis de près par le manque de compétences numériques des employés. À ce titre, les PME françaises se démarquent puisqu’elles semblent moins souffrir du déficit de compétences numériques de la main-d’œuvre que leurs homologues européennes. C’est particulièrement le cas pour les compétences suivantes : le développement de logiciel (cité par 29% des PME françaises contre 41% pour la moyenne européenne), la gestion de bases de données (19% contre 28%) et l’analyse complexe de données (29% contre 35%). Le faible débit de la connexion Internet et le manque de financement approprié sont également des obstacles significatifs, cités par un quart des PME.
 
Si la majorité des PME (57%) pensent que la digitalisation aura à terme un impact positif sur leur activité, elles sont conscientes qu’elle va transformer le marché du travail. Plus d’un tiers d’entre elles pensent que certains emplois deviendront obsolètes et plus de la moitié s’attendent à devoir former davantage leurs salariés. Toutefois, elles sont une majorité à anticiper une stabilisation de l’emploi au sein de leur entreprise, voire une hausse.
 
« La transformation digitale constitue un défi d’envergure, en particulier pour les PME, qui font souvent face à des contraintes plus marquées en termes de financement ou de main-d’œuvre que les grandes entreprises. Remédier à ces difficultés représentera une tâche clé pour les décideurs politiques, mais également pour les banques de développement », déclarent Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance, Beata Daszynska-Muzyczka, président du directoire de Bank Gospodarstwa Krajowego, José Carlos García de Quevedo, président de l’Instituto de Crédito Oficial, Dr Günther Bräunig, PDG de KfW et Keith Morgan, PDG de British Business Bank.
 
 
Retrouvez l’étude en téléchargement libre sur : https://www.bpifrance-lelab.fr/Analyses-Reflexions/Les-Travaux-du-Lab/Les-enquetes-de-conjoncture/Enquete-europeenne-PME-le-defi-de-la-transformation-digitale