Bpifrance Le Lab publie les résultats du troisième sondage de situation « Résister et se relever » et interroge le moral des dirigeants de PME et ETI, depuis le début de la crise:
Les dirigeants vont mieux, mais la crise a laissé des marques profondes, et leur état de forme semble se redresser moins vite que la conjoncture économique

Alors que le rebond économique se confirme chaque jour avec des prévisions d’investissement en croissance, Bpifrance a repris le pouls des dirigeants de PME-ETI, dans la continuité de la démarche initiée en mars 2020. L’enquête a été menée du 10 au 16 juin auprès de 1719 dirigeants d’entreprise (503 réponses exploitables). Qu’en est-il de leur moral et de leur forme physique en cette période si cruciale ? Quels sont dans cette période leurs points de confort et d’inconfort ? Dans un contexte de relance de l’industrie, l’enquête a été enrichie d’un volet centré sur l’impact des relations clients-fournisseurs sur leur état de forme.

Après avoir accusé une baisse de forme, à la fois physique et psychologique de 1,5 point en moyenne entre mars et juillet 2020, stabilisée en novembre, les dirigeants de PME-ETI voient leur état de forme s’améliorer très légèrement en juin.

Pour Elise Tissier, Directrice de Bpifrance Le Lab : « Ces chiffres, qui sont des moyennes, masquent des vécus très contrastés. Deux réalités opposées semblent ainsi s’esquisser avec une partition entre des dirigeants qui vont bien, voire très bien, et à l’opposé, des dirigeants qui affichent une forme psychologique et physique très dégradée. »

En effet, si 58% des dirigeants affichent une forme psychologique égale ou supérieure à 7 (sur une échelle de 1 à 10), et 54% une forme physique égale ou supérieure à 7, à l’inverse, 10% affichent une forme psychologique égale ou inférieure à 3, et 12% une forme physique égale ou inférieure à 3.

Les dirigeants les plus affectés sont ceux qui ne ressentent pas le soutien de leurs collaborateurs et qui ne voient pas, dans cette période où les cartes se rebattent, l’occasion de saisir des opportunités.

D’autres facteurs exogènes à l’entreprise et à son dirigeant tels que les relations avec les fournisseurs impactent négativement 31 % d’entre eux. Cela semble particulièrement prégnant dans les secteurs de l’industrie et du BTP, confrontés à des tensions marquées sur les approvisionnements, ainsi qu’une forte augmentation des prix, voire des pénuries, sur certaines matières premières.

Après plus d’un an de crise, deux éléments influent particulièrement positivement sur le moral des dirigeants :
Le niveau d’activité et l’engagement des collaborateurs. Ainsi, 84% des répondants considèrent que leurs collaborateurs les aident à traverser cette crise et que ce soutien sera encore décisif demain. Parallèlement, un nombre croissant de dirigeants a saisi des opportunités pendant la crise et/ou continueront de le faire (71% contre 63% en novembre 2020).

Enfin, alors que la question de la relance de l’industrie est centrale, Bpifrance Le Lab a enrichi son enquête de questions portant spécifiquement sur les relations clients-fournisseurs.

A la question, « Quels sont les facteurs qui jouent positivement et négativement sur votre forme actuellement ? », les deux réponses affectant le plus négativement le moral et la santé des dirigeants sont le niveau d’activité (lorsqu’il est bas) et les relations avec les fournisseurs.
Quand nous interrogeons les 503 répondants à l’enquête sur l’élan de solidarité et de coopération depuis le printemps 2020 avec leurs fournisseurs, 39% disent ne jamais avoir ressenti cet élan.

Par ailleurs, si 60% des répondants ont ressenti un élan de solidarité et de coopération à la sortie du confinement du printemps 2020, mais pour 32% d’entre eux, il s’est estompé depuis. Pour les entreprises en B to B (dont les clients sont exclusivement des entreprises), cette relation demeure bonne : elle est évaluée à 6,8 en moyenne sur une échelle de 1 à 10, avec 59% donnant une note supérieure ou égale à 7.

Parmi ces dirigeants, 87% sont favorables à une relocalisation en France et pensent qu’il faut accélérer les investissements en ce sens. Pour autant, cette relocalisation ne se fera pas sans un accompagnement fort des pouvoirs publics (financement, diminution des charges, etc.) pour 85% d’entre eux et 53% estiment que l’équation économique, notamment liée à la pression sur les prix des clients, n’y est pas.

De plus, 90% des industriels de notre échantillon (207 répondants sur 503), sont favorables à la relocalisation et la conditionne à un soutien de l’Etat car, pour 55% d’entre eux, l’équation économique ne la permet pas. Point positif : parmi eux, 26% ont déjà abordé le sujet de la relocalisation avec leurs clients depuis le début de la crise, dont 11% ont engagé une ou plusieurs actions.

Mais à l’autre bout du spectre, les pressions sur les délocalisations perdurent, puisqu’un industriel sur quatre y a été confronté durant les 5 dernières années. A la question « durant ces 5 dernières années, à quelle fréquence vos clients/acheteurs vous ont-ils incité à délocaliser ? », 5% répondent souvent, et 21% une ou plusieurs fois. Ces incitations à la délocalisation étaient une condition pour poursuivre la relation contractuelle dans un cas sur deux. Elles sont plutôt le fait des directions achats et des équipes projet.

Retrouvez l’intégralité de l’étude sur : https://lelab.bpifrance.fr/Etudes/resister-et-se-relever-les-dirigeants-de-pme-eti-a-l-epreuve-de-la-crise/quel-est-l-etat-de-forme-des-dirigeants-de-pme-eti-en-juin-2021-decouvrez-les-resultats-de-notre-nouvelle-enquete-flash

Conditions de réalisation de l’enquête :
L’enquête a été réalisée en ligne auprès de 1719 dirigeants de PME-ETI ayant répondu à l’enquête « Résister et se relever » en juin 2020 et qui a fait l’objet de l’étude « Les dirigeants de PME-ETI face à la crise ». L’enquête s’est déroulée entre les 10 et 16 juin 2021. 503 dirigeants y ont répondu, dont 207 dans l’industrie, soit 42% de l’échantillon.