Bpifrance Le Lab présente la 70e enquête de conjoncture auprès des PME

Paris, le 22 janvier 2020 – L’activité et l’emploi des PME sont restés solides en 2019 grâce à la bonne tenue du marché intérieur. Les perspectives restent globalement favorables pour 2020 mais les PME de l’industrie, et plus particulièrement celles qui exportent, continuent de corriger leurs anticipations dans un environnement international toujours entouré d’incertitudes.
 
Les chefs d’entreprises font part d’une croissance de leur chiffre d’affaires et des embauches encore solides en 2019.
 
Les dirigeants de PME s’attendent à une croissance de leur chiffre d’affaires de +3,8% en 2019, comme en 2018, et ce malgré un léger tassement de leurs carnets de commandes sur les six derniers mois. Le solde d’opinion sur l’évolution du chiffre d’affaires est ainsi stable sur un an (à +25), à un niveau toujours bien supérieur à sa moyenne de long terme (+17). Les dirigeants ont regagné la confiance qui s’était un peu étiolée au premier semestre, l’indicateur d’activité ayant gagné 2 points par rapport au mois de mai dernier.
 
Les PME déclarent avoir accéléré leurs embauches en 2019, en particulier celles de petite taille et tournées vers le marché domestique. À +19, le solde d’opinion sur l’évolution de l’emploi progresse de 3 points en un an et atteint son niveau le plus haut depuis 2001. L’accélération des embauches signalée par les PME est cohérente avec la croissance soutenue de l’emploi observée en France depuis le début de l’année. Celle-ci pourrait en partie s’expliquer par la transformation du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales au 1er janvier 2019, qui a permis une baisse du coût du travail. Les difficultés de recrutement demeurent néanmoins élevées, avec près de la moitié des chefs d’entreprises qui déclarent rencontrer beaucoup de difficultés à recruter.
 
Les perspectives d’activité et d’emploi évoluent différemment selon les secteurs :
  • Les PME de la Construction, portées par l’accélération de l’investissement public à l’approche des élections municipales, et celles opérant dans les Services font part d’une accélération de leur activité et de leurs embauches.
  • L’emploi est également plus dynamique dans le Commerce et le Tourisme, où la croissance de l’activité s’est globalement stabilisée.
  • À l’inverse, les PME de l’Industrie, affectées par un environnement international moins porteur et surtout un cycle industriel mondial en correction depuis plusieurs trimestres, enregistrent un ralentissement à la fois de leur activité et de leurs embauches. C’est le cas également des PME des Transports.
 
Les PME orientées vers le marché domestique résistent mais les PME internationalisées pâtissent d’un environnement extérieur plus dégradé. Le solde d’opinion sur l’activité des PME exportatrices chute de 11 points à +25 alors que celui relatif aux PME non-exportatrices progresse de 4 points. L’indicateur est désormais au même niveau pour les deux catégories de PME, alors qu’en moyenne historique, les PME exportatrices sont plus performantes. Les TPE, relativement peu exposées à l’international, font part d’une accélération de leur activité.
 
L’investissement reste dynamique grâce à la bonne santé financière des PME et des conditions de financement très aisées.
 
L’investissement reste dynamique en 2019 même s’il est porté par une proportion plus faible de PME. En novembre 2019, 52% des PME déclarent avoir investi ou prévoient de le faire d’ici la fin d’année contre 57% un an plus tôt (pour l’année 2018). Le solde d’opinion relatif à l’évolution annuelle du volume d’investissement, c’est-à-dire l’ensemble des montants investis dans l’année, est en revanche stable sur un an à +7, un niveau toujours bien supérieur à sa moyenne de long terme. Le principal frein à l’investissement demeure la faiblesse de la demande, cité par 51% des PME.
 
Le maintien d’un investissement dynamique s’explique notamment par la solidité financière des PME et des conditions d’accès au crédit toujours très aisées. L’état de la trésorerie des PME a continué de s’améliorer (solde d’opinion en hausse de 5 points sur un an à −3) et dépasse sensiblement son niveau d’avant-crise. L’accès au crédit d’investissement s’est par ailleurs assoupli alors que seules 10 % des PME déclarent rencontrer des difficultés pour en obtenir (contre 11% un an auparavant).
 
Les perspectives restent globalement favorables pour 2020, portées par un marché domestique qui devrait rester dynamique.
 
Les PME sont dans l’ensemble confiantes pour 2020, même si l’emploi devrait perdre un peu de vitesse. Dans l’ensemble, les perspectives d’activité (solde d’opinion à +24, stable sur un an) et d’emploi restent solides malgré un ralentissement attendu des embauches (solde à +19, en baisse de 3 points sur un an). Les PME de l’Industrie, et plus particulièrement celles qui exportent, continuent de corriger leurs anticipations d’activité et d’embauches, dans un contexte international toujours entouré d’incertitudes, notamment vis-à-vis de la politique commerciale américaine, de la croissance des pays européens voisins (Allemagne en particulier) et des négociations autour de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.
 
Pour Philippe Mutricy, Directeur de l’Evaluation, des Etudes et de la Prospective – Président, fondateur de Bpifrance Le Lab, « Cette vague d’enquête auprès des PME témoigne de la résilience des entreprises françaises dans un contexte de difficultés du secteur industriel et des échanges commerciaux au niveau mondial. Les PME françaises restent globalement confiantes pour 2020, notamment concernant les perspectives du marché domestique. Ce scénario dépendra également de nos principaux partenaires commerciaux et de la solidité de leur croissance en dehors du secteur industriel, de même qu’un prix du pétrole stable.»
 
Condition de réalisation de l’enquête
La 70e enquête semestrielle de conjoncture de Bpifrance Le Lab a été réalisée par interrogation de 37 000 entreprises de 1 à 249 salariés entre mi-novembre et début décembre 2019, par voie postale ou numérique. L’analyse s’appuie sur un échantillon de 4 292 réponses reçues avant le 10 décembre.
Les résultats de synthèse ainsi que les analyses sectorielles et régionales sont disponibles en suivant ce lien : https://bit.ly/2sPEoPu