Attirer les talents dans les PME et les ETI, un défi et un enjeu de taille

Paris, le 15 janvier 2018 – Face aux grands groupes et aux startups, les PME et ETI éprouvent de réelles difficultés à recruter et à fidéliser leurs employés. D’après une enquête, réalisée par Bpifrance Le Lab, auprès de 2000 dirigeants de PME et ETI, 57% des entreprises estiment manquer de talents pour grandir. 

La France compte près de 150 000 PME et ETI contre près de 300 grands groupes et environ 10 000 start-ups. En dépit de cette prédominance, les PME et ETI ne sont pas les employeurs ciblés prioritairement des personnes en recherche d’emploi. Le sondage auprès de 2000 dirigeants de PME et d’ETI, révèle que huit entreprises sur dix éprouvent des difficultés à recruter un profil adéquat. Les répondants ont également du mal à fidéliser leurs employés, 42% ayant déjà fait face à des départs non-souhaités de salariés-clés.  

Six entreprises sur dix estiment manquer de talents pour grandir. Ce sentiment est plus prononcé dans les entreprises de plus grande taille et en croissance. Contrairement aux grands groupes, le talent ne se confond pas avec le haut potentiel ou le top manager, mais fait plutôt référence aux compétences, tout niveau hiérarchique confondu, pour les dirigeants de PME et ETI. La pénurie de talents dans ces entreprises concerne d’abord les profils non cadres : 72% des répondants manquent de profils opérationnels (ouvriers qualifiés, chauffeurs, techniciens, comptables, conducteurs de travaux, informaticiens…) et 41% de profils commerciaux.

Le manque de talents dans les PME et ETI ne doit pas devenir une fatalité, au risque de mettre gravement en péril la croissance des entreprises concernées. Bpifrance Le Lab avance plusieurs pistes pour faire évoluer la gestion des ressources humaines et le management. Elles pourraient ainsi s’inspirer de pratiques plus développées dans les grands groupes en proposant des primes de performance individualisées, qu’elles ne sont que 45% à offrir. Elles pourraient également mettre en place une politique de participation ou d’intéressement. Ce n’est le cas aujourd’hui que d’un peu plus d’un tiers des entreprises interrogées, ou bien ouvrir leur capital aux salariés, une possibilité offerte qu’à une infime minorité (5%) aujourd’hui. D’autres actions, inspirées des start-up, pourraient également participer à la fidélisation des salariés, telles que l’organisation plus fréquente de réunions d’équipe, de séminaires ou des moments de convivialité, comme le font déjà quatre répondants sur dix. Enfin, Bpifrance Le Lab recommande d’amplifier leur présence sur les réseaux sociaux, un canal utilisé par seulement 30% des PME pour recruter contre 65% pour les ETI, versus 53% et 66% respectivement pour le recours à Pôle Emploi. Plus globalement, les PME et ETI doivent apprendre à développer leur marque employeur.

« L’étude démontre que la présence à l’international et une stratégie d’innovation soutenue augmentent l’attractivité de l’entreprise et réduisent significativement les difficultés de recrutement. Ce sont justement sur ces deux points que Bpifrance aide les entreprises à aller plus loin », souligne Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance.