​Créer et Innover en France : le rôle des plateformes d’innovation dans les écosystèmes régionaux

Tiers-lieux, open labs, incubateurs et accélérateurs, fab labs, makerspaces, espaces de co-working, espaces collaboratifs… des lieux d’innovation sont créés partout en France. L’Innovation Factory et Bpifrance Le Lab ont étudié treize de ces espaces multiformes installés dans sept régions pour comprendre leurs spécificités, leurs communautés, leurs enjeux et missions. L’étude menée par Valérie Merindol et David W. Versailles, enseignants chercheurs de la Chaire NewPIC de Paris School of Business, complète celle de l’an dernier consacrée aux initiatives franciliennes.

Phénomène révélateur d’une transformation socio-économique, les plateformes d’innovation se développent sur l’ensemble du territoire national. Ces lieux sont portés par des entrepreneurs ou des associations et permettent des interactions entre les parties prenantes de l’innovation. L’étude de treize d’entre eux par Valérie Merindol et David W. Versailles, enseignants chercheurs de la Chaire NewPIC de Paris School of Business, permet de comprendre qu’il n’existe pas de modèle unique : les plateformes diffèrent par leurs modèles d’affaires, leurs partenaires (publics et privés), leurs statuts juridiques et le panel d’activités proposées. Les plateformes d’innovation agissent toutes, en revanche, comme de véritables catalyseurs de l’innovation en combinant une double fonction d’« apporteurs de contenus » et « apporteurs de réseaux » ce qui contribue à casser les silos au sein des écosystèmes.

La France se distingue par la constitution de « mégaplateformes », telles Station F à Paris et Euratechnologies à Lille, qui se caractérisent par la taille du lieu et des investissements réalisés ainsi que par leurs ambitions importantes. La multiplication des plateformes et notamment les « mégaplateformes » impose à chacune un positionnement différenciant de leurs offres de services. Il s’agit de gérer au mieux les coûts fixes que sont essentiellement l’immobilier, les machines pour prototyper et les ressources humaines. Car la viabilité et l’attractivité des lieux d’innovation reposent d’abord sur la gestion des actifs incorporels : la marque ainsi que la qualité et la taille des communautés.

Les entreprises, des PME aux grands groupes, sont des utilisateurs réguliers des plateformes d’innovation, car elles apportent un relais de diversification. Elles sont aussi des partenaires stratégiques de leur développement, tout comme le sont les collectivités locales et un certain nombre d’« entrepreneurs politiques » engagés pour la régénération de leurs territoires (exemple The Camp à Aix-en-Provence).

« Réaliser cette seconde étude nous a paru d’autant plus important du fait de l’arrivée de méga-plateformes à Paris et en région car elles viennent bousculer l’équilibre et le paysage des acteurs déjà installés. Ce sont de vrais pôles d’innovation qui émergent aux 4 coins de la France, d’où la nécessité d’aller comprendre les dynamiques locales et de poursuivre notre analyse initiée dans l’étude menée en Île de France l’année dernière. Cette nouvelle étude permet notamment d’explorer les relations de ces lieux avec leur ancrage local et permet de voir comment notre taxonomie publiée en 2017 a évolué en un an », explique Anne Lalou, présidente de l’Innovation Factory.

« Les plateformes d’innovation sont de formidables outils pour aider les PME et ETI à passer à l’innovation ouverte. Les dirigeants de PME et ETI ne doivent plus hésiter à faire appel aux plateformes, désormais présentes dans toutes les régions, pour stimuler leur réflexion stratégique. Les différentes études de Bpifrance Le Lab démontrent que plus une entreprise est innovante, plus elle est dynamique. Elle sera d’autant plus attractive pour ses collaborateurs actuels et futurs » ajoute Elise Tissier, directrice de Bpifrance Le Lab.